L’Ambassadeur Philippe Brandt pour sa première intervention devant la Chambre, a l’art de séduire l’auditoire en affirmant d’emblée qu’être Ambassadeur de Suisse en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg est un poste qu’il souhaitait depuis longtemps.

Le changement est pourtant de taille, puisqu’il y a peu, ses trois pays d’accréditation étaient Madagascar, les Seychelles et les Comores.

Il est de tradition d’appuyer sur les similitudes bien connues entre la Belgique et la Suisse : des pays multilingues à structure fédérale, qui bénéficient d’une démocratie solide, mais sont tous deux confrontés à une montée du populisme ; des économies assez proches par leurs profils et performances ; un art consommé de conclure des compromis ; des “petits” pays dont la voix et la représentativité sont inversement proportionnelles à leur taille géographique... Ces points communs ne peuvent que conduire à une compréhension réciproque ainsi qu’à de nombreuses relations culturelles ou coopérations scientifiques.

Il ne faut cependant pas perdre de vue des différences, parfois essentielles.

La confédération helvétique - qui n’est plus une confédération depuis longtemps - est née d’une volonté de vivre ensemble, qui n’a jamais été remise en question. La démocratie directe, qui donne aux citoyens les droits de referendum et d’initiative, conduit d’autre part à une grande maturité politique. A titre d’exemple, l’initiative pour l'autodétermination “Le droit suisse au lieu de juges étrangers” a été rejetée le 25 novembre 2018 par les deux tiers des votants.

L’ambassadeur met aussi en exergue une compétitivité suisse qui fait caracoler le pays en tête des classements depuis de nombreuses années. Elle trouve une de ses sources dans la formation duale qui permet de réduire le chômage des jeunes. Le Voka ou la Communauté française s’intéressent à cette forme de transmission du savoir.

Et comment ne pas évoquer une des principales différences entre la Belgique et la Suisse : l’une est un des six membres fondateurs de l’Union européenne, tandis que l’autre est restée en dehors, tout en négociant au fil des années quelque 120 accords bilatéraux pour rendre efficace l’accès de ses entreprises au marché européen.

Dans bien d’autres domaines aussi, la Suisse joue toujours la carte européenne, comme dans le maintien de la paix, la diplomatie, la recherche scientifique, la politique environnementale...

Autant de sujets et de matières à réflexion qui n’ont pas manqué d’animer les conversation de l’après-conférence, tout en savourant un moelleux au chocolat avec un crumble de spéculoos et sa boule de glace vanille.

Cocktail d'automne

Tuesday 12 October 2021

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