Conférence-débat
“Les relations Suisse-Union européenne : Apaisement ou bouleversement ?”
Au Press Club à Bruxelles
mardi 21 avril 2026
Dans les relations entre la Suisse et l’Union européenne, un pas important a été franchi le 2 mars dernier : le nouveau paquet d’Accords entre la Suisse et l’Union européenne a été signé par les deux parties. Cela augure d’une nouvelle ère dans ces relations.
Conformément à la Constitution, ces accords seront soumis à un référendum en Suisse, qui aura lieu au plus tôt en 2027. D’ici-là, le peuple suisse aura une autre occasion de se positionner sur un sujet connexe : l’initiative populaire “Pas de Suisse à 10 millions !” sera soumise au vote populaire le 14 juin prochain.
Vu cette double échéance, la Chambre de Commerce Suisse pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg en collaboration avec le Chapitre bruxellois des Alumni de l’IHEID (Institut de hautes études internationales et du développement, à Genève) a mis sur pied une rencontre-débat, introduite par Mme l’Ambassadrice Rita Adam, Cheffe de la Mission de la Suisse auprès de l’UE, entre trois intervenants pertinents : M. Christian Leffler, ancien négociateur en chef de l'Union européenne, M. Cédric Dupont, Professeur de science politique et relations internationales à l’IHEID et M. Jean Russotto, Président du Comité CH-UE. L’échange de vues a été animé par Mme Isabelle Ory, correspondante de la Radio Télévision Suisse (RTS) à Bruxelles.
Dans une courte introduction, Madame l’Ambassadrice Rita Adam - appelée à d’autres obligations - a rappelé le parcours et les grandes lignes de l’accord, en soulignant la qualité du paquet d’accords et, fidèle à l’optimisme réaliste qu’on lui connaît, en réaffirmant sa confiance dans l’avenir des relations entre la Suisse et l’Union européenne dans une complémentarité équilibrée et un enrichissement réciproque.
Rappelons que le paquet d’accords s’intitule officiellement “Stabilisation et développement des relations Suisse-UE (Bilatérales III)”, et qu’il a deux volets principaux : la reprise dynamique des accords existants ainsi que de nouveaux accords dans les domaines de l'électricité, de la sécurité des aliments et de la santé.
Il a été demandé aux trois experts invités de débattre sur la portée et la signification de ces nouveaux accords, et cela, à un moment où notre monde traverse des périodes de turbulence et d’incertitudes.
Quelles sont les considérations émises, tenant compte de leurs expériences respectives et de leurs regards portés sur une même réalité ?
Tout d’abord, l’importance de la temporalité, par la longueur des négociations (près de 25 ans !), par l’évolution du monde : les guerres actuelles ou la position des Etats-Unis combinant libéralisme et mercantilisme, par la difficulté - plus grande que jamais - de faire les prévisions ou une évaluation à long terme.
Temporalité aussi : l’initiative populaire “Pas de Suisse à 10 millions !”, lancée par l'UDC et qui vise à plafonner la population résidante permanente à 10 millions d'habitants avant 2050 et propose des mesures d'immigration strictes et la renégociation de la libre circulation si le seuil de 9,5 millions est atteint. Cette initiative sera soumise à votation le 14 juin prochain. Un très mauvais planning... si d’aventure elle devait être acceptée !
L’importance de la géographie : la Suisse se situe au cœur de l’Europe et on ne change pas la géographie ... La Suisse fait géographiquement partie de l’Europe et l’Union européenne est son partenaire naturel ! Mais elle ne souhaite pas y adhérer (Rappelons que la demande officielle d’adhésion de la Suisse à l’Union européenne, datant du 20 mai 1992, a été retirée par courrier du Conseil Fédéral adressé à la Présidence du Conseil de l’Union européenne le 27 juillet 2016.), mais bien y être associée par un ensemble d’accords bilatéraux.
Quelles seraient les alternatives pour assurer une croissance à long terme ? Les Etats-Unis ? La Chine ? Poser la question, c’est sans doute y répondre.
L’importance du relationnel avec la notion d’Europe. Les Européens aiment-ils l’Europe ? N’est-elle pas trop souvent présentée dans ses limitations, plutôt que dans ses aspects positifs, auprès des citoyens ?
Laisser s’installer une démotivation pour l’Europe est un très mauvais message !
Avec comme conséquence que dans quasi chaque pays européen, il y a un parti politique qui est, reste ou a été anti-européen, bien qu’ayant parfois adouci son discours pour arriver au pouvoir.
L’Union européenne et la Suisse doivent-ils être des amis ou des partenaires aux intérêts convergents ? Les pays européens n’ont pas seulement des intérêts économiques communs, mais aussi, souligne un des orateurs, une culture et des valeurs communes, qui indiquent la voie à suivre.
Pour la Suisse en particulier, la question européenne ne se limite pas au plan économique, puisque le paquet d’accords comporte des dispositions “santé”, “recherche” ou “défense”... qui vont créer un nouveau rôle pour la Suisse.
Question soulevée lors du débat : que devient la neutralité dans un rapprochement défensif ? dans un partenariat de défense et de sécurité ?
Terminons ce compte-rendu, par une réflexion de Jean Russotto : “Eclairer les Suisses n’est pas chose facile !”
C’est même un challenge très complexe !
A la décharge des citoyens helvétiques, signalons que le Message sur le paquet “Stabilisation et développement des relations Suisse-UE (Bilatérales III)”, publié le 13 mars 2026 comporte plus de 1.000 pages. Rien d’étonnant à cela, puisque le paquet d’accords concerne 94 actes juridiques de l'UE et entraîne la modification de 36 lois fédérales ainsi que la création de trois nouvelles !
S’il faut tirer une conclusion de cet échanges de vues et de réflexions, c’est qu’il faut prendre en compte l’inquiétude des citoyens face à une forme d’autorité européenne, y apporter des réponses crédibles, en tenant compte de ce que la population suisse, comme partout en Europe, comprend des citadins et des ruraux, des votants plus ou moins jeunes, plus ou moins éduqués, plus ou moins nantis. Et rester conscient que rien n’est joué !

L’Ambassadrice Rita Adam accueillie au Press Club Brussels

Une salle toute ouïe

L’Ambassadrice Rita Adam introduit le débat

MM. Ch. Leffler, J. Russotto et C. Dupont, les trois intervenants

M. C. Dupont ouvre la rencontre-débat

Au tour de M. Ch. Leffler d’intervenir

Puis de M. J. Russotto

Mme I. Ory dans son rôle d’animatrice

M. Fr. Schwalba-Hoth ouvre le feu des questions

M. C. Dupont pensif

Question de M. J.-Q. Decuyper

M. Ph. Kenel remercie les orateurs et l'animatrice

MM. Fr. Sinay et M. Gorgoni au cocktail déjeunatoire

MM. Ph. Kenel et J.-Q. De Cuyper

MM. C. Crameri et S. Cavasin-Milano entourant Mme S. Thalmann

MM. D. Rochat et M. Gorgoni entourant Mme N. Chakowski

Mme D. Lebel et M. G. Meyer

M. J. Vanden Abeele

MM. B. Woringer et Ph. Kenel avec Mme S. Lammerant Velge

Mme S. Aurez et M. P. Berce

Mme M. Danesi, MM. J. Swinnen et R. Minicozzi

MM. M.-E. Baijot et C. de Caritat

Mme M. Danesi. MM P. Mertens, J.-Q. De Cuyper, M. Bossuyt et J. Swinnen

L'accueil convivial de Mmes V. Gagnon et A. Chalon
Agenda
Parcours touristique ferroviaire et repas gastronomique
samedi 30 mai 2026
Parcours touristique sur la ligne ferroviaire 128 (Le Chemin de Fer du Bocq) au cours duquel un repas gastronomique, préparé par Olivier Bruckner, chef et propriétaire du Restaurant le Moma, sera servi à bord du train « OrientBocq Express »
