L'investissement Responsable (IR) est au cœur de la finance durable, car il permet d'intégrer, dans les processus d'investissement et de gestion, des critères ESG, à savoir environnementaux, sociaux et de gouvernance. Et incite les entreprises et sociétés de gestion à prendre en compte des critères extra-financiers. Le label ISR (pour Investissement Socialement Responsable) est reconnu internationalement.

Ce sujet très tendance a été traité au Cercle Munster par un panel pertinent d’orateurs pour avoir une vue à 360° du sujet.

Mme Esther Widmer, Directrice générale du SwissFinanceCouncil, rappelle que les premiers produits financiers durables ont été lancés en Suisse dès les années ‘80.

Vu la croissance des actifs et investissements durables, différentes réglementations visent à encadrer ce segment de marché pour améliorer la transparence, prendre pleinement en compte les risques à long terme et les évaluer de manière appropriée.

Les projets de réglementation impliquent, en plus du Conseil Féféral, le Secrétariat d'État aux finances internationales, l'Office fédéral de l'environnement, l'autorité de surveillance des marchés financiers et la Banque nationale suisse.

Deux initiatives gouvernementales ont été récemment introduites, d’une part, l’obligation pour les grandes entreprises de divulguer certaines informations financières relatives au climat, et, d’autre part, le lancement des Swiss Climate Scores, un ensemble d'indicateurs volontaires de bonnes pratiques visant à améliorer la transparence sur la cohérence des investissements avec les objectifs climatiques. Ils sont à appliquer par les institutions financières aux investissements financiers et aux portefeuilles des clients.

Le secteur financier suisse a, d’autre part, une longue tradition d'autorégulation qui propose une approche pratique et flexible et est basée sur l'expérience pratique.

Mme Alexandra Merlino, Responsable des affaires réglementaires Europe, Pictet & Cie (Europe) SA, a souligné les points importants, du point de vue d’une institution de gestion financière : la transparence dans la divulgation de l’information, l’application de critères comparables entre législations, l’interopérabilité, la vision à long terme, l’adéquation aux priorités et objectifs de durabilité des investisseurs, y compris la performance financière, et enfin, le rejet du greenwashing ou écoblanchiment qui vise à se doter d’une image trompeuse de responsabilité écologique.

Le troisième orateur, M. Lennart Duschinger, conseiller en finance durable au Ministère des finances du Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg, sans vouloir se positionner comme porte-parole de la politique européenne dans ce domaine, a cependant fait écho des principaux positionnement adoptés par les instances européennes.

La quantité et la pertinence des questions ont montré la diversité des points de vue.

Assurer la transparence et l’efficience de la finance durable en la laissant suivre les règles du marché ou lui imposant des balises réglementaires ? Jouer en cavalier seul ou adopter des règles globales ?

Le débat est loin d’être clos et fera encore couler beaucoup d’encre dans les mois et années à venir.

 

Cocktail d’été

mercredi 12 juin 2024

au Château de la Hulpe

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