Présenter Elie Barnavi ?  Oui, mais comment le définir et dans quel ordre présenter les différentes facettes de sa personnalité : historien, militaire, philosophe, diplomate, écrivain...? Et auteur de mémoires malicieusement intitulées “Confessions d’un bon à rien” ?

L’ordre a-t-il de l’importance ? Ces fonctions s’entremêlent, se superposent, s’imbriquent... et brouillent les pistes.

Eclairer quelques pistes, c’était l’objectif de la conférence programmée par la Chambre de Commerce suisse, le 6 septembre dernier.
Dans son introduction, le président - ami d’Elie Barnavi - tient le rôle d’intervieweur et prévient qu’il ne posera pas trop de questions... parce que les réponses seront longues.
Rien d’étonnant à cela, puisque la vie d’Elie Barnavi est diverse et riche et que l’interviewé aime présenter les choses avec précision, modestie et réserve.

Une première question s’impose : Qu’est-ce qui pousse une personnalité comme le professeur Barnavi à rédiger ses mémoires ?
Après avoir longtemps juré qu’il n’en écrirait pas parce qu’il avait regardé les mémoires des autres avec suspicion, parce qu’il ne voulait pas mentir, parce que ce n’était pas planifié, parce qu’il ne se souvenait pas de tout et aurait peut-être refoulé certaines choses... E. Barnavi a laissé l’idée faire son chemin.

“L’écriture n’est-elle pas une catharsis ?”, interroge le diplomate. “Au fil des pages, on se souvient de plus en plus de choses, on va de plus en plus vite, des souvenirs que l’on croyait enfouis à tout jamais refont surface.”
“Le plus important, ajoute-t-il, c’est qu’en publiant des mémoires, on a l’occasion de délivrer un certain nombre de messages”, mais tout en modestie, comme l’indique le titre adopté “Confessions d’un bon à rien”.
C’est, entre autres, un témoignage sur le monde et son Histoire récente, qui dépasse sa vie personnelle.
Il est lui-même, confesse-t-il, un “empilement d’identités”, qui sont tantôt en harmonie, tantôt dans une certaine confrontation, autant d’identités qui accompagnent toute la vie, qu’il faut comprendre et activer.

Il est, affirme-t-il, Israélien en Europe et Européen en Israël, parce que les perceptions sont différentes : en Europe, on considère d’abord la nationalité, en Orient, c’est bien plus la religion et l’origine qui se montrent déterminantes dans l’appartenance.
Son parcours détermine les composantes de son identité.
Né en Roumanie en 1946, sous régime communiste, il émigre avec ses parents vers cette terre d’Israël récemment reconquise. Y étudie, y passe le bac avec comme sujet de philosophie “L’Histoire est-elle capable de vérité ?”, s’inscrit à l’université hébraïque de Jérusalem en science politique et histoire générale (axée sur l’Europe...).
Il y côtoie aussi la guerre de près, lors de son service militaire et des rappels... ce qui le distingue de ses amis européens du même âge que lui.

S’il affirme qu’il y a beaucoup de hasard et peu de déterminisme dans sa vie, il ne peut nier qu’il y a un certain enchaînement de l’étude de l’Histoire à l’engagement politique et à la diplomatie. La vie est un dialogue permanent entre le hasard et la nécessité, pour reprendre le titre du biologiste Jacques Monod.
Les lectures et les expériences accumulées induisent aussi une volonté qui pousse à agir. Ecrire, lire, cela ne suffit pas. Elie Barnavi a besoin d’action.... comme le philosophe l’a prouvé et comme en témoignent ses confessions.

L’orateur évoque bien d’autres sujets : l’histoire des Etats-Unis, et ce moment de justice quand un président noir, Barack Obama, est élu; le kibboutz, une communauté volontairement choisie pour les valeurs qu’elle véhicule; sa passion pour l’Europe...

Il ne pouvait en cette soirée évoquer que quelques étapes de son parcours entre Europe et Moyen Orient, une invitation à lire ses Confessions comme un témoignage de l’Histoire vécue de l’intérieur par un acteur doublé d’un philosophe.
 

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